samedi 30 juillet 2011

Proxénétisme-Sept ans de prison pour Woodson Derisca

Première publication 8 juillet 2011 à 22h01


Par Jean-Philippe Arcand | Agence QMI

Le proxénète Woodson Derisca, reconnu coupable d'avoir forcé une adolescente de 17 ans à se prostituer tout en la violentant et l'agressant sexuellement, a été condamné à une peine de sept ans de prison vendredi, au palais de justice de Montréal.
Toutefois, en déduisant le temps qu'il a déjà passé en détention préventive, il ne lui reste que 29 mois à purger derrière les barreaux.
Le juge Gilles Cadieux, de la Cour du Québec, a ainsi suivi la recommandation du procureur de la Couronne, John-Denis Gerols. Pour sa part, l'avocate de l'accusé, Marie-Hélène Giroux, réclamait une sentence de cinq ans d'emprisonnement, soit la peine minimale à laquelle son client s'exposait.
Derisca, 30 ans, a été déclaré coupable le 28 février dernier de huit accusations de proxénétisme, agression sexuelle, voies de fait, menaces de mort, possession d'arme prohibée et d'avoir vécu des fruits de la prostitution juvénile.
Entre septembre 2008 et mars 2009, l'accusé a obligé la victime à travailler à la fois comme danseuse nue et escorte. La jeune femme devait remettre tout l'argent qu'elle gagnait à Derisca, qui faisait de ces sommes son seul moyen de subsistance.
À au moins une occasion, il a contraint l'adolescente à lui faire une fellation. Il la menaçait également de s'en prendre à elle et ses parents si elle le quittait. Ce n'est que lorsque la victime a dénoncé son tortionnaire que ce dernier a pu être arrêté.
En plus de ces accusations, les policiers ont retrouvé des munitions dans son véhicule, puis une arme prohibée à son domicile par la suite.
Derisca prétendait n'avoir jamais forcé sa victime à se prostituer pour lui, mais une très longue série de messages textes s'étalant sur plus de 140 pages, et dans lesquels il tient des propos on ne peut plus clairs à cet égard, ont eu tôt fait de contredire sa version.
«Il savait pertinemment l'âge de la victime et pourtant, il a eu recours à ses services», a ajouté le juge Cadieux dans sa décision, que Derisca a écouté en fixant le plancher, la mine basse.
En plus de sa peine de prison, le tribunal a également interdit à Woodson Derisca de posséder des armes, et ce, à perpétuité. Il devra de plus soumettre un échantillon d'ADN et verra son nom être inscrit au registre des délinquants sexuels pour une durée de 20 ans.

Des milliers de profils pédophiles détruits sur Facebook grâce à Anonymous


7 juillet 2011 à 14:06

Le plus gros réseau social de la planète a réussi en une semaine à faire un pas de géant dans la lutte contre la pédophilie infantile grâce à Anonymous.


Des membres d’Anonymous portant le masque rendu célèbre par le film "V pour Vendetta", à Los Angeles en février 2008, en protestation contre l’église de la scientologie. 

L’anonymat en ligne, on peut être pour ou contre. Contre quand derrière un pseudonyme se cache un prédateur, un cyberintimidateur, un arnaqueur ou un meurtrier. Pour quand il permet le regroupement d’internautes qui, grâce justement à cet anonymat, ont à coeur de dénoncer les abus et les vices de notre société, fut-elle virtuelle ou pas.

Anonymous, c’est exactement ça : une communauté virtuelle formée d’internautes qui s’unissent et agissent dans l’anonymat le plus complet depuis plusieurs années, au gré des causes et des idées, pour défendre la liberté d’expression, virtuelle ou pas. Les actions du groupe, qui a vu le jour en 2004, ratissent large et vont de la dénonciation de l’Église de la scientologie à la défense de Julian Assange, le porte-parole et fondateur de Wikileaks, en passant par un appui décisif à la récente révolution égyptienne. Les outils préférés de ses «membres» : le piratage informatique et les dénis de service.

Un nettoyage radical et nécessaire

Mais les opérations se suivent et ne se ressemblent pas au sein d’Anonymous. Le 27 juin dernier, le réseau a mis sur pied l’opération SaveKids, qui vise spécifiquement et radicalement à nettoyer Facebook des pédophiles et du trafic d’enfants qui y prennent une ampleur de plus en plus démesurée. Aucun piratage informatique ni de déni de service ici, rien que de très légal puisqu’il suffit à n’importe internaute de cliquer sur le bouton «J’aime» de la page Facebook d’OpSaveKids pour pouvoir s’impliquer en y indiquant s’il le souhaite les comptes pédophiles qu’il aurait découverts sur Facebook.

Tout a commencé quand l’un des membres de cette communauté aussi virtuelle qu’anonyme est tombé sur le profil suspect d’un homme d’une soixantaine d’années, originaire d’Allemagne, mais parlant aussi bien le thaïlandais que l’anglais. Après s’être infiltré dans le réseau d’»amis» de cet homme, le membre d’Anonymous est tombé sur un premier «catalogue» qui l’a vite mené vers un réseau qui, au départ, ne semblait compter qu’une centaine de profils, mais qui, par la suite, s’est révélé être encore bien plus vaste.
C’est ainsi que fut créé l’opération SaveKids. L’idée de base est simple : que tous les utilisateurs de Facebook partout dans le monde participent à l’identification et à la dénonciation de profils et de pages qui contiennent et/ou promeuvent de la pornographie infantile, rien de plus, rien de moins.

Un problème aussi vaste que complexe

«Honte à Facebook et à Mark Zuckerburg, est-il écrit sur la page Facebook d’OpSaveKids. Votre indifférence quant à la sécurité des enfants et votre soif de profit sont dangereux et dégoûtants. L’opération SaveKids d’Anonymous recommandent fortement à Mark Zuckerbert et aux administrateurs de Facebook d’agir immédiatement en engageant du personnel pour débusquer la pornographie infantile et dénoncer les pédophiles aux agences légales afin qu’ils soient poursuivis.»

Malgré certaines frictions antérieures entre les administrateurs de Facebook et la communauté Anonymous, il n’a pas fallu beaucoup de temps au célèbre réseau social pour entendre le message. C’est ainsi que Facebook travaille dorénavant main dans la main avec la communauté et le FBI pour parvenir au démantèlement de l’immense réseau de pédophiles. Des milliers de comptes Facebook servant au commerce de photos, de vidéos – et même d’enfants… – sont désactivés en ce moment par Facebook.


Art ou pédophilie : le magasine Vogue Paris a fait des vagues cet hiver quand on a publié dans ses pages des photos de fillettes posant comme des bimbos. Approche artistique ont proclamé certains, pédophilie pure et simple ont dénoncé les autres. Bref, le problème est loin d’être réglé... 

La pédophilie est un problème dont l’ampleur et la complexité nous dépassent. Les prédateurs sont partout et Internet est un terrain de jeu de choix pour ceux qui n’ont d’autres buts que d’attirer les jeunes enfants crédules dans leurs filets. Nul doute que ce type de commerce à grande échelle existait bien avant Facebook et Internet, il était tout simplement plus invisible. Difficile aujourd’hui de rester caché bien longtemps dans le cyberespace, surtout quand une légion d’Anonymous et une cohorte d’agents du FBI joignent leurs forces pour débusquer ces abrutis.

Et c’est quand même le plus réjouissant dans cette histoire : cette alliance de pirates informatiques, de détectives américains et d’administrateurs de sites web qui vibrent, enfin, sur une même corde pour une même cause. Espérons que l’exemple fasse des petits…

L’abus sexuel dans les sports et loisirs…


 
Beaucoup de bonnes gens se sont attardées au phénomène de l’abus sexuel, mais très peu se sont intéressées (ou s’intéressent encore) aux abus sexuel dans les sports. C’est donc pour cette raison (parmi plusieurs autres) que j’ai décidé de m’y attarder. Pour de multiples facteurs, l’abus sexuel dans les sports et loisirs possèdent plusieurs particularités. Explorons donc ensemble ce phénomène.

Tout d’abord, il faut savoir qu’au Canada, plusieurs millions de jeunes de moins de 18 ans pratiquent un sport : il s’agit donc d’un terrain de chasse particulièrement intéressant pour de possibles abuseurs sexuels. L’abus sexuel étant un abus de pouvoir, il faut donc qu’il y ait position d’autorité et dans le monde du sport et des loisirs, les entraîneurs sont donc assis dans une chaise de choix pour être en autorité vis-à-vis des jeunes. Un ou une entraîneur(e) gagnant souvent facilement la confiance des ses joueurs (nous les appellerons ainsi), il peut alors malheureusement abuser de cette confiance.

Souvent, les abuseurs sexuels promettent des avantages aux victimes pour qu’elles se taisent, pour qu’elles « acceptent » de continuer de se faire abuser, etc. Dans le monde du sport, quelques cas ayant été rapportés (celui du joueur de hockey Sheldon Kennedy étant le plus connu), l’abuseur peut très bien promettre des possibles améliorations de situations. Par exemple, il peut amadouer ses joueurs en leur faisant croire que s’ils acceptent de se faire abuser, il sera repêché dans un calibre plus élevé, qu’ils améliorent leurs chances de faire carrière dans leur sport, que l’entraîneur dira de bons mots à son endroit aux entraîneurs des rangs supérieurs, etc. Les entraîneurs sont souvent que très peu conscients du pouvoir qu’ils possèdent, et du privilège que cela leur accordent vis-à-vis les jeunes. Malheureusement, certains s'en servent à tort de ce privilège.

Pourquoi le milieu du sport est-il un endroit privilégié pour de potentiel abuseur ? Pour de nombreuses raisons que voici. Il y a des gens en très grande quantité, c’est donc facile de passer inaperçu; les entraîneurs possèdent un pouvoir énorme sur leurs joueurs, il est très « naturel » pour un jeune sportif de faire confiance à son entraîneur apparentant à groupe souvent vu comme des modèles ou des idoles. Il y a souvent possibilité que les entraîneurs aperçoivent les jeunes joueurs lorsqu’il sont nus, etc.

Pour toutes ces raisons, plusieurs règles sont donc à suivre pour permettre aux entraîneurs de se prémunir et aux joueurs de se protéger de possibles abus sexuels. Par exemple, un entraîneur ne doit jamais être seul avec un joueur : il doit toujours y avoir deux adultes en présence du jeune, pour protéger ce dernier et pour protéger l’entraîneur d’une possible fausse accusation. La seule occasion où l’entraîneur peut être seul avec un jeune est si ce dernier demande lui-même à parler avec lui, pour la simple raison que l’entraîneur pourrait, sans le savoir, amener comme témoin la personne de qui l’enfant voulait parler au préalable. Cependant, dans ce cas-ci, il est aussi important de suivre des règles de base si vous êtes seuls avec un jeune : soyez à la vue d’un autre adulte (fenêtre ou porte ouverte d’un bureau), soyez certain que personne ne vous entend pour respecter la confidentialité des jeunes, dites toujours à un autre adulte que vous êtes à tel endroit avec tel enfant, etc. Simple au fond…

C’est ce qui nous amène au point souvent. L’entraîneur étant un modèle, il se peut fort bien que ce dernier soit devenu un confident pour les jeunes qui se seront peut-être fait abusés sexuellement ( ou tout autre type d’abus ) à l’extérieur du monde de leur sport et qu’ils aient besoin d’en parler à quelqu’un. Encore une fois, il y a des règles strictes à suivre dans de telles procédures; non seulement nous devons suivre les règles ci-haut mentionnées, mais nous devons aussi suivre les règles suivantes : soyez empathiques, calmes, ne portez pas de jugement, ne promettez pas de garder le secret (le jeune risquerait d’être trahi une seconde fois, ce qui sera très dur pour lui), dites au jeune qu’il a bien fait de parler, dites au jeune que vous allez l’aider dans le meilleurs de vos capacités, ne posez jamais de questions suggestives (cela ne sera pas reçu en cours), dites au jeune qu’il n’a pas à se sentir coupable de la situation et que le seul responsable de l’abus et l’abuseur lui-même, etc.

Bref, la clé, comme dans beaucoup d’autres domaines, est la prévention : si facile, mais si simple à oublier. Le côté moins visible de la prévention est que jamais ou presque nous saurons que nous avons prévenus un abus. Cependant, vaut mieux ne pas savoir que nous avons prévenus un abus que de savoir que nous n’en n’avons pas prévenu un. J’espère que ce texte vous sera utile dans cette jungle qu’est le monde du sport et si vous vouliez vous attelez d’avantage, vous trouverez ici-bas un ouvrage très utile sur le sujet. Bonne chance !
Jean-Michel Soulard, B.A., DESS Santé Mentale
Sexologue-Éducateur

Auteur du livre : Knock-Out!, Combattre l’abus sexuel dans les sports,
Éditions d’ici Là, 2003, 72 pages.

Bibliographie
- AMYOT, Lyse, “L’analyse des besoins en formation à l’éducation sexuelle des éducatrices en garderie”, 1992, Rapport d’activités, maîtrise, UQAM
- Association Canadienne de Hockey, “Fair play means safety for all”, 1997
- Association Canadienne de Hockey, “Dis-le”, programme de prévention des abus, révisé le 24 avril 1998
- Association Canadienne pour l’avancement des Femmes, du sport et de l’activité physique, «Le harcèlement dans le sport», 1994
- AUBUT, Jocelyn «Les agresseurs sexuels: théorie, évaluation et traitement», et coll., Édition de la Chenilère, Montréal, 1993, 327 pages
- BERRICK, J.D. «Parental involvement in child abuse preventing training: What do they learn? Child abuse and neglect.», 1988, vol. 18, pages 331-340
- BRAKKENRIDGE, C.H & KIRBY, F.L. «Playing safe: assessing the risks of sexuel abuse to elite child athlètes», 1997, International review of Sociology of Sports
- GIBSON, Laura E. & LIETENBERG, Harold, «Child sexual abuse prevention programs: Do they decrease the occurrence of chikld sexual abuse?», Departement of Psychology, University of Vermont, Burlington, VT, USA, 2000, pages 1116-1123
- Gouvernement du Québec, «Les agressions sexuelles STOP: des activités réalistes et réalisables». Rapport du groupe de travail sur les agressions à caractère sexuel., 1995, 157 pages
- Gouvernements du QuébecOrientations gouvernementales en matière d’agression sexuelle: plan d’action», 2001
- HÉBERT et TREMBLAY, «La prévention de l’agression sexuelle à l’égard des enfants», 2000, dans F. Vitaro, et C. Gagnon (Eds), «La prévention des problèmes d’adaptation chez les enfants et les adolescents» Ste-Foy, Presse de l’université du Québec
- KIRBY, Sandra, L., & GREAVES, Lorraine, «Un jeu interdit: harcèlement sexuel dans le sport», 1997, Vol. 10, #1, pages 5-33
- LAVERGNE & TOURIGNY, «Incidence de l’abus et la négligence envers les enfants: reconnaissance des écrits», 2000, Criminologie, 33 (1), pages 42-72
- Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche, Gouv. Du Québec, «Les abus sexuels dans le sport amateur: guide de prévention et d’intervention destiné aux administrateurs sportifs», 1994, 64 pages
- NIELSEN, JAN & TOFTEGAARD, «The forbiden zone: intimacy, sexuel relations dans misconduct in the relation between coaches and athletes», 2001, Vol 36, #2, Junes, pages 165-182
- Régie Régionale de la santé et des services sociaux, Montérégie: “Guide d’implantation d’une politique de prévention en matière de violence et d’agression sexuelle”, 2001
- ROBERT, Jocelyne, “Te laisse pas faire!”, Édition de L’Homme. 2000
- VALOIS, Marie-Josée, Unité Régionale de Loisir et de Sport du Centre-du-Québec, “L’enfance c’est sacré”, 2001, 8 pages
- VALOIS, Marie-Josée, Secrétariat au Loisir et au Sport, “Harcèlement et abus sexuel, ça existe, soyez attentifs”, 2001, dépliant de sensibilisation.

Source : http://elysa.uqam.ca/elysa.htm